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Cultures
Rendements de vos cultures
Comment évaluer vos rendements après semis
Vicky Villiard , agronome
Les semis sont terminés, les cultures traitées en parties contre les mauvaises herbes alors il ne reste qu’à espérer une belle saison afin que vos investissements vous apportent le rendement attendu! Il est possible d’évaluer vos cultures afin d’envisager un rendement potentiel… Évidemment, la saison aura son mot à dire sur le résultat final!!!
Pour vos céréales, lorsqu’un traitement mécanique est prévu (houe rotative ou peigne), il faut prévoir un semis plus fort (10 à 15%) afin de pallier aux pertes par le passage. De plus, en augmentant votre population au champ, cela vous permettra de mieux compétitioner les mauvaises herbes! En semis direct, le désherbage mécanique peut être moins évident étant donné que les résidus de maïs empêchent les doigts de la houe rotative de toucher le sol (contact avec les adventices) ou bourrent dans les dents du peigne (ce qui fait des amas au champ).
Pour le maïs, l’évaluation de la population se fait simplement et rapidement. Une fois que les plants ont quelques feuilles, il suffit de calculer le nombre de plants sur 17’5’’ (1/1000 acre) pour le maïs semé aux 30’’ (76 cm). Ce comptage se fait sur 6 ou 8 rangs (nombre de rangs du planteur) afin de vérifier si toutes les sorties du planteur sont uniformes. Il faut multiplier ce nombre moyen par 1000 afin d’avoir la population à l’acre. C’est souvent rendu à ce stade que l’on réalise que le semoir était mal ajusté… trop tard pour l’année en cours mais il est possible de s’ajuster pour l’année suivante afin de maximiser le potentiel de rendement! Afin d’avoir une population réelle, ce comptage doit se faire à quelques endroits dans le champ pour être représentatif.

Pour le soya, tout dépend de votre écartement. Il faut simplement calculer le nombre de plants sur la distance associée qui correspond à 1/10 000 ha. Lorsque le nombre de grains sur le rang est connu, il suffit de le multiplier par 10 000 pour connaître la population à l’hectare. Il est important de connaître le nombre de grains au kg (identifié sur la poche de semence) afin d’ajuster le taux de semis. Cette information change annuellement pour la même variété de semence alors si vous conservez toujours la même dose de semis, votre population finale variera d’une année à l’autre.
Espacement |
7’’ |
14’’ |
15’’ |
30’’ |
Distance pour calculer la population (m) |
5,6 |
2,8 |
2,63 |
1,32 |
Moyenne de plants sur le rang |
~ 60 |
~ 50 |
~ 50 |
~ 40 |

Au niveau de la profondeur de semis, il est impératif de la vérifier régulièrement lors du semis car elle varie d’un champ à l’autre lorsque ce n’est pas dans le même champ. Le type de sol, la vitesse d’avancement, les obstacles (résidus, roches, etc), le travail de sol, etc sont de multiples facteurs qui occasionnent des surprises lors de la levée de la culture.
La profondeur de semis varie selon le travail de sol sur l’entreprise. En travail réduit, le sol conserve son humidité alors la semence peut être moins profonde. La date de semis joue également un rôle sur la profondeur de semis. L’utilisation de certains herbicides nécessite une profondeur de semis spécifique afin que la semence ne soit pas affectée par le traitement contre les mauvaises herbes (exemple : Prowl = semence à 2’’).
|
Céréales |
Maïs |
Soya |
Conventionnel |
1’’ |
1’’3/4 - 2’’ |
1’’ - 1’’1/2 |
Travail réduit |
¾’’ |
1’’1/2 – 1’’3/4 |
1’’ |
Si vous souhaitez évaluer vos semis afin de confirmer un rendement potentiel en fin de saison, simplement contacter votre conseiller de club. Une bonne population ainsi qu’une profondeur de semis optimale sont des éléments à ne pas négliger. Par la suite, reste à souhaiter que la saison soit favorable!
PaNIC ÉRIGÉ
Petits secrets du panic érigé
Vicky Villiard , agronome
Choix de semences:
- Prévoir une semence avec un bon % de germination
- Magasiner les semences car les prix varient d'un fournisseur à l'autre
- Choisir une variété en fonction de la région (UTM)
Site idéal:
- Terre marginale
- Sol sableux avec cap de roche
- Non recommandé en terre noire car infestation de mauvaises herbes (panic n'est vraiment pas compétitif)
- Le rendement ne dépend pas de la richesse du sol
- Sol qui s'assèche bien naturellement

Andains automne 2008
Semis:
- Semer tôt afin de maximiser le potentiel de croissance de la plante
- Taux de semis recommandé: 10 kg/ha
- Contrôler les mauvaises herbes sans lésiner (chiendent à l'automne avec un brûlage et les feuilles larges au printemps avec un herbicide)
- Les têtes de graminées peuvent être fauchées durant la saison car il n'y a aucun herbicide d'homologué pour le panic érigé
- Possibilité de faire un faux semis (attention à l'assèchement du sol)
- Semer avec un brillon maximise le contact sol-semence
- Possibilité de semer avec un semoir à céréales avec une boîte à mil (réduite l'ouverture au minimum et repasser s'il reste de la semence)
Fertilisation:
- Faible prélèvement alors la fertilisation est minimale
- C'est une graminées alors un apport de 40 à 60 unités d'azote peut favoriser la croissance
- Nécessite peu de phosphore et de potasse car prélèvement faible
- Ne pas surfertiliser l'année d'implantation car cela favorise la croissance des mauvaises herbes au détriment du panic érigé
Culture de couverture:
- Il est possible d'implanter le panic avec un autre culture afin d'aller chercher une récolte la première année
- La clé du succès? Garder à l'esprit que la culture principale est le panic érigé et non pas la culture d'accompagnement
- Cultures possibles: avoine (idéalement récoltée verte afin de laisser les sol à nu rapidement), maïs (aux 30'', favoriser le maïs ensilage récolté tôt ou bien faire du maïs grain aux 60'')
- Éviter de semer trop fort la plante abri étant donné qu'elle sera en compétition avec le panic pour la lumière, l'eau, les éléments du sol et pourra être influencée par l'humidité au niveau du sol
Croissance:
- Prend de 6 à 8 semaines avant de sortir du sol (environ 1'')
- Rendement maximal atteint après 3 ans (30% après 1 an, 60% après2 ans et 100% la 3e année)
- Plante croît rapidement en condition sèche et chaude
Récolte:
- Peut être récolté à l'automne ou au printemps selon le but recherché (produit final)
- Peut être fauché à l'automne et laissé en andain au sol pour être récolté au printemps suivant (12-14% d'humidité)
- Récolté avec un faucheuse et pressé selon le besoin
- Si récolté à l'automne, prévoir une bonne accumulation de neige sur la culture afin de conserver le rendement et de s'assurer d'une bonne repousse au printemps suivant
-
Récolte automne 2008
Avantages:
- C'est une culture pérenne (10-15 ans) qui nécessite peu d'entretient
- Améliore la structure du sol
- Possibilité d'implanter le panic érigé comme bande riveraine
- Cette culture nécessite peu de fertilisants, pas de machinerie spécialisée et qui est propice pour les terres marginales
- Une seule coupe par année
- Plusieurs marchés sont disponibles pour la paille
Panic érigé - État de la situation AUTOMNE 2007 - PRINTEMPS 2008
Vicky Villiard , agronome
Suite à une visite de tous les champs de panic érigé, voici donc un compte rendu de la situation des 7 entreprises ainsi que quelques photos prises sur chaque site à la date indiquée.
FERME CALAIN INC
Wickham
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
6 juillet 2007 |
Avoine |
Sable |
Semoir à céréales avec boîte à mil |
Terre défrichée |
28 août 2007

Plantule de panic ainsi que le champ avec l'avoine.
7 mai 2008

Repousse au printemps 2008
FERME LECDUFF INC
St-Germain
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
~ 17 mai 2007 |
Maïs ensilage |
Limono-argilo-sableux |
Brillon avec boîte à mil |
Panic semé 24h après maïs |
Ce champ a été arrosé (Laddok + Atrazine) après le semis pour contrôler les mauvaises herbes.
29 août 2007

Plantule de panic ainsi que le champ avant la récolte de maïs ensilage.
14 mai 2008

Repousse au printemps 2008
FERME ALCIDE ET MICHEL BOISVERT
L’Avenir
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
13 juin 2007 |
Avoine |
Sable avec roches |
Brillon avec boîte à mil |
Avoine semée 24h après panic |
Terre défrichée : Sol sans structure, très sec avec beaucoup de petites roches.
28 août 2007

Plantule de panic ainsi que le champ avant la récolte d'avoine.
7 mai 2008

Repousse au printemps 2008
FERME BOTTI SENC
Durham Sud
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
22 juin 2007 |
Avoine |
Limoneux |
Brillon |
Prairie labourée |
Ce champ n’a pas été arrosé avant le labour ni après pour contrôler les mauvaises herbes.
28 août 2007

Plantule de panic ainsi que le champ après la récolte d'avoine.
14 mai 2008

Repousse au printemps 2008
ROGER PLAMONDON
St-Bonaventure
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
14 mai 2007 |
Pur |
Limono-sableux |
Semoir à céréales avec boîte à mil |
Infestation majeure de graminées |
Essais d’herbicides dans ce champ (Mextrol, Basasgran, MCPA et Laddok).
29 août 2007

Plantule de panic ainsi que le champ après un fauchage de mauvaises herbes et un arrosage..
13 mai 2008

Repousse au printemps 2008
FERME DU 7 INC
St-Germain
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
4 juin 2007 |
Avoine |
Limon à terre noire |
Semoir à céréales |
Infestation de souchet |
4 septembre 2007

Plantules de panic ainsi que le champ après la récolte d'avoine (avec la repousse d'avoine et la paille d'avoine au champ).
14 mai 2008

Repousse au printemps 2008
FERME LEPORTAGE INC
Ste-Clotilde
Date de semis |
Plante abri |
Type de sol |
Semoir |
Caractéristique du site |
16 juin 2007 |
Pur |
Sableux |
Semoir à céréales |
|
Ce champ a été arrosé (Laddok) après le semis pour contrôler les mauvaises herbes.
4 septembre 2007

Plantule de panic ainsi que le champ après l'arrosage (pratiquement que du panic!!!).
5 mai 2008

Repousse au printemps 2008
Panic érigé – État de la situation PRINTEMPS 2007
Vicky Villiard, agronome
Je tenais à vous informer que je suis allée visiter les premiers champs semés de panic érigé jeudi le 21 juin 2007. À ma grande surprise, nous avons déjà pu observer du panic (2 feuilles) dans le premier champ semé soit le 14 mai 2007 chez Roger Plamondon, à St-Bonaventure. Le semis a été fait sans plante abri. Les mauvaises herbes sont présentes (surtout de la graminée et de l’herbe à poux). Nous prévoyons faire des essais d’herbicides dans ce champ afin de pouvoir déterminer ceux qui ont un meilleur contrôle sur les mauvaises herbes (feuilles larges).

La visite d’un autre champ semé le 4 juin 2007, chez Stéphane Houle de St-Germain, nous a permis de voir que le panic était germé mais les feuilles n’étaient pas encore sorties (fil blanc). Ce champ a été semé avec de l’avoine comme plante abri dans un semoir à céréales.
À la Ferme Lecduff à St-Germain, le maïs sert de plante abri pour le panic qui n’est pas germé. Le grain se retrouve sur le sol et a été semé au brillon. Ce champ a été désherbé avec Laddock + atrazine.
Gardez à l’idée que le champ doit être propre afin de permettre un bon établissement du panic car la mauvaise herbe peut affecter grandement la réussite de votre implantation.
Si vous souhaitez identifier les plantules de panic érigé dans votre champ, voici comment les reconnaître (pas évident du tout !!!) :
- Poils blancs qui forment une masse à la jonction de la feuille et de la tige

- La tige est arrondie et habituellement rougeâtre.
- L’établissement est généralement réussi lorsque 10 à 32 plantules par m2 (1 à 3 plantules/pi2 ) sont présentes après l’établissement.
Manque de paille? Pas de "panic"!
Vicky Villiard, agronome
Panic érigé, qu’est-ce que c’est ?
Cette année, 7 producteurs laitiers du club implanteront du panic érigé. Semé lorsque le sol est bien réchauffé au printemps (entre 15 mai et 10 juin), cette culture leur permettra d’obtenir de la litière pour leurs animaux en grande quantité. Semé à raison de 10 kg/ha, le désherbage peut se faire de façon mécanique (faucher les têtes de mauvaises herbes) ou de façon chimique (atrazine, Basagran, etc). Suite aux 2 ans d’implantation, le panic sera récolté pour 15 à 20 ans. Cette graminée très vivace, de climat chaud, produit une forte quantité de tiges de haute taille (~ 7’), se propageant via des rhizomes. Le panic est récolté au printemps après la fonte des neiges et mis en balle dans la même journée. Le plant est mort et sec. Le rendement? Vous pouvez vous attendre entre 7 à 10 tm/ha de paille. De quoi remplir votre grange !!!
Mercredi le 25 avril 2007, quelques producteurs m’ont accompagnée pour une visite de parcelles de panic chez M. Normand Caron à Salaberry-de-Valleyfield. Ce producteur de grande culture produit cette graminée depuis 10 ans, principalement pour les granules à brûler. Implanté à chaque année sur les terres de son entreprise, il souhaite en faire sur la totalité de ses superficies afin de pouvoir vivre « paresseusement » de l’agriculture. Récolté au printemps et fertilisé, il ne reste qu'à attendre la prochaine fonte des neiges. Lors de la visite, nous avons pu constater la hauteur (6-7’) d’une implantation de 2 ans, la qualité de la paille, les conditions de récolte, la repousse déjà active, les différentes conditions de croissance (différents types de sol, égoutté ou non), etc.

M. Caron nous a même révélé ces petits trucs afin de réaliser de belles parcelles. Il en est encore à faire des essais malgré ses nombreuses années d’implantation et de récolte. La seule déception du panic après toutes ces années est le manque de revenu durant l’implantation (2 à 3 ans avant d’avoir le plein potentiel de cette culture). Par contre, il en est à essayer de l’implanter avec une autre culture afin de ne pas perdre la 1 ère année en revenu: maïs au 60’’ avec panic semé à la volée à environ 8-9 feuilles, céréales et panic semés comme une céréale grainée, semis de panic au brillon le lendemain du semis de maïs, etc.
Il est possible de fertiliser cette culture, après la récolte au printemps, avec du lisier ou du fumier ou encore, au moyen d'engrais de synthèse. La dose nécessaire n'est pas énorme mais donne un petit coup de pouce pour la croissance. Étant donné que c'est une graminée, l'azote est important..
Cette visite a permis aux membres de concrétiser le projet d’implantation de panic érigé de façon personnelle. Dans les 7 membres qui feront du panic cet été, les conditions de semis seront différentes sauf pour le taux de semis fixé à 10 kg/ha.
Ces parcelles seront suivies durant la saison afin de s’assurer de la réussite de cette culture. Implanté ce printemps pour la litière, certains des membres y voient déjà des alternatives : granules à brûler, éthanol, isolation, litière, fibre pour RTM, crédits de carbone, etc. Certains producteurs ont déjà prévu l’implanter au printemps 2008 alors gageons que cette culture marginale gagnera du terrain dans les années à venir !
Sur le site d'Agri-réseau, il y a des articles très intéressants sur le panic érigé.
Maïs
Estimation du rendement en maïs grain
Vicky Villiard , agronome
Population au champ
Calculer le nombre de plants de maïs sur 17 pieds 5 pouces (1/1000e d’acre en rangs de 30 pouces) sur 6 rangs (nombre de rangs du semoir)
Nombre moyen de plants X 1000 = population réelle au champ
Comparer à la population semée
Exemple :
Nombre de plants : 27 - 32 - 29 - 24 - 32 - 21 = 165 plants / 6 rangs = 27.5 X 1000
Population au champ = 27 500 plants / acre
Population semée = 30 000 plants / acre
Estimation de rendement au champ
Comptez le nombre d’épis récoltables sur une longueur de rang équivalente à 1/1000e d’acre (17 pieds 5 pouces en rangs de 30 pouces).
- Comptez le nombre de rangs de grains à tous les 5 épis du rang et calculez la moyenne.
- Sur les mêmes épis, comptez le nombre de grains par rang (sauf les petits grains des bouts) et calculez la moyenne.
- Utilisez l’équation suivante pour évaluer le rendement :
Rendement = (nombre d’épis) X (nombre moyen de rangs) X (nombre moyen de grains par rang) /90 = boisseaux à l’acre
Bu/ac / 39,368 = tm/ac
tm/ac X 2,47 = tm/ha
Exemple :
(24 épis) X (16 rangs) X (30 grains/rang) / 90 = 128 boisseaux/ac = 3.25 tm/ac
*** Il est très important de compter les épis récoltables, pas seulement le nombre de plants. Il est facile de surestimer les rendements si on ne compte que les plants.
Plusieurs facteurs comme le poids à l’hectolitre et la maturité peuvent influencer cette formule d’évaluation.
Problème d'insectes?
Voici un site qui donne de l'information sur les les principaux pesticides
pour le maïs et leur contrôle.
www.ontariocorn.org/CornConnection/insects.shtml
** Ce site est en anglais.
Soya
Toute la vérité sur le puceron du soya
Vicky Villiard , agronome
DÉPISTAGE ET SEUIL D'INTERVENTION
Dépistez chaque champ à intervalles de 7 à 10 jours, jusqu’au mois de septembre ou jusqu’à ce que le soya ait atteint le stade R6. Le seuil d’alerte est atteint lorsque les populations s’élèvent à 250 pucerons/plant du stade R1 au stade R5 inclusivement.La stratégie d’intervention consiste à ne pas atteindre 1000 pucerons/plant avant le stade R6 du soya. À partir du stade R6, un traitement insecticide a peu de chances d’être rentable.
Augmentez la fréquence de dépistage des champs (aux 3 jours) lorsque les populations de pucerons atteignent le seuil d’alerte. Échantillonnez au hasard 20-30 plants répartis dans le champ et évitez les bordures. Effectuez 2 ou 3 dépistages consécutifs dans un même champ pour déterminer s’il est rentable d’intervenir. Les feuilles de plants moyennement ou fortement infestés commencent à cloquer, à s’enrouler et à se déformer. Les plants peuvent de rabougrir.

Les plus grandes pertes de rendement risquent de se produire lorsque les populations de pucerons culminent au stade de la floraison (R1-R2) vu leurs répercussions sur la formation des gousses. Les champs ensemencés tardivement ont tendance à être plus fortement infestés, car les adultes qui migrent l’été semblent préférer les plants plus jeunes. Les conditions qui favorisent la prolifération des pucerons sont des températures fraîches, la présence de facteurs de stress, surtout la sécheresse, et l’absence de prédateurs.
S’abstenir de pulvériser si les cadavres sont nombreux ou si la majorité des pucerons sont ailés ou présentent des ailes naissantes, puisque c’est là un signe que les pucerons s’apprêtent à quitter le champ.
Il y a de fortes chances que le seuil d’intervention soit dépassé si les tiges et les gousses sont couvertes de pucerons et que les feuilles du bas sont maculées de miellat et de fumagine. Le traitement insecticide peut alors avoir encore sa raison d’être, mais il ne sera plus aussi rentable.
ENNEMIS NATURELS
On parle de stratégie de lutte biologique à long terme contre le puceron du soya quand des prédateurs, des parasites et des agents pathogènes indigènes et/ou introduits contribuent à contraindre les populations de pucerons. Les applications d’insecticides détruisent aussi ces ennemis naturels dont la disparition peut provoquer une nouvelle explosion des populations de pucerons.
Photos des différents ennemis du puceron
Les coccinelles consomment 150 pucerons par jour. Des populations qui se maintiennent en dessous de 250 pucerons/plants indiquent que les ennemis naturels exercent une bonne répression des populations de pucerons. Dans ce cas, il ne faut pas intervenir avec un insecticide qui tuerait les ennemis naturels et favoriserait une augmentation rapide des populations de pucerons au dessus du seuil d’alerte.
Comment différencier les principales espèces de coccinelles retrouvées au Québec
STADES PHÉNOLOGIQUES DU SOYA
R1 : Début floraison
Une fleur est épanouie à n’importe quel nœud de la tige principale.
R3 : Premières gousses
Une gousse de 5mm de long sur l’un des 4 nœuds les plus élevés sur la tige principale et portant une feuille pleinement développée.
R5 : Premières graines
Une graine mesure 3mm dans l’une des gousses portées par l’un des 4 nœuds les plus
élevés sur la tige principale.
R6 : Grain vert
Grain vert remplissant la cavité de la gousse sur l’un des 4 nœuds supérieurs..
PRÉVISIONS MÉTÉOROLOGIQUES
- À 25◦C, les populations de pucerons peuvent doubler à tous les deux jours ;
- À partir de 35◦C, le puceron du soya ne se reproduit plus ;
- Des pluies et des vents forts peuvent déloger les pucerons. Toutefois, le puceron du soya semble moins sensible aux averses de pluie que les autres espèces de puceron.
TRAITEMENT
Si l’un de vos champs démontre de fortes populations de pucerons du soya, contactez votre agronome afin qu’un autre décompte soit fait. Par la suite, les différents éléments à considérer pour la prise de décision seront pris en compte afin d’évaluer la possibilité de traiter le champ. À noter que c’est du cas par cas, du champ par champ. Que vous soyez biologique, grain santé ou conventionnel, il y a un traitement pour chaque situation alors surveillez vos champs de soya et bon dépistage !
Fertilisation du soya
Vous trouverez un article intéressant sur la fertilisation du
soya.À lire absolument...
Fertilisation
du soya, ZÉRO sur toute la ligne!

Céréales
Trucs et astuces pour bien réussir son blé
Valérie Robert, agronome
Pratiquement tous les producteurs de céréales ont déjà cultivé du blé. Pour certains, cette culture se veut « un mal nécessaire dans ma rotation » : les bénéfices de cette culture sont majeurs au niveau du sol, mais au niveau rendement, les avis divergent. Mère nature est presque toujours montrée du doigt lorsque la récolte n’est pas là! Mais est-ce vraiment ça faute? Voici quelques points à suivre afin de ne plus être déçu de cette culture!
1. Choisir de bons champs
Lorsqu’on veut obtenir de bons rendements de grains et de paille, il faut que la banque de mauvaises herbes, vivaces et graminées surtout, soit faible ou contrôlée. Les champs choisis doivent aussi être bien égouttés et bien nivelés. Le blé n’aime pas les cuvettes et le respect de ces caractéristiques vous faciliteront le contrôle des mauvaises herbes (on contrôle principalement les feuilles larges annuelles) et vous permettra de récolter facilement votre culture. Évitez de semer sur des retours de maïs ou de céréales afin de vous prémunir des maladies telles la fusariose qui peut faire déclasser votre blé à cause des vomitoxines. Prendre son pire champ, c’est se tirer dans le pied et c’est surtout hypothéquer la rendement et la qualité de sa récolte.
2. Semer le plus tôt possible
Tous s’entendent pour dire que plus tôt le blé est semé, meilleurs seront les rendements. À cette fin, il est possible de semer le blé sur sol gelé ou encore de faire un semis direct de blé dans un retour de soya. Le blé adore les conditions froides contrairement aux mauvaises herbes. Cette caractéristique lui permettra de se démarquer des mauvaises herbes et même de les étouffer. Voilà comment rendre le blé vainqueur face aux mauvaises herbes!
3. Semer une population adéquate
Ce point est très important. Une population forte peut entraîner une hausse du risque de maladies telle la fonte des semis mais combattra efficacement les mauvaises herbes tandis qu’une population faible aura les effets inverses. Il est aussi très important de comprendre que les « trous » dans les rangs causés par des plants morts seront essentiellement comblés par des mauvaises herbes et non par le tallage des plants, surtout si le désherbage mécanique et/ou chimique tarde. Lors de la planification de votre population visée, il faut prévoir le stress du désherbage, surtout mécanique, qui entraînera une certaine perte de plants. Visez 460 plants établis /m 2 : Tenir compte des pertes de sarclage (environ 10%), du taux de germination (environ 85%) et du poids 1000 grains pour établir votre dose de semis (kg/ha).
4. Semer à une bonne profondeur
La profondeur de semis idéale est à environ 1 pouce. On peut parfois semer plus profondément dans certains sols. Par contre il n’est pas recommandé de semer moins profondément car le plateau de racines qui se forme au-dessus de la graine sera trop superficiel et le plan sera plus vulnérable aux périodes de sécheresse. Les semis les plus performants sont ceux situés dans la zone de ½ à 1½ pouce. Assurez-vous d’avoir un bon semoir bien calibré de même qu’un lit de semence bien préparé. N’oubliez pas non plus que tous vos grains ne germeront pas et que même si un grain germe, ça ne veut pas dire qu’il va bien s’établir. Des semis trop profonds augmenteront ces risques. Les grains semés trop profondément sont plus sensibles à la fonte des semis. Ils auront épuisé toute leur énergie avant d’être sortis du sol et s’ils y parviennent, ils auront plusieurs jours de retard et seront étouffés par les plants sains. Ces plantules mouront et laisseront des « trous » dans les rangs. Ces plantules auront surtout consommé des minéraux, de l’eau et de la lumière qui auraient pu être plus bénéfiques aux plants sains! Sortez donc de votre tracteur de temps en temps et creusez pour vérifier la profondeur de vos grains : vous serez étonné de ce que vous verrez!
5. Éviter le tallage
Tel que dit précédemment, il ne faut pas compter sur le tallage pour compenser une faible population. Deux plants ayant chacun un épi contrôle mieux les mauvaises herbes qu’un seul plant comportant deux épis. De plus, les grains obtenus d’un seul épi par plant sont plus gros et plus lourds que si le plant répartit son énergie entre plusieurs épis. Visez donc une récolte faites sur les épis principaux et votre rendement sera meilleur!
6. Limiter la fertilisation azotée
Ne pas surfertiliser le blé car ces excès d’azote profiteront aux mauvaises herbes et les risques de verse et de fusariose augmenteront. La règle de l’art pour atteindre de bons niveaux de protéines dans les grains est de fractionner la dose : visez une partie de votre azote au semis et la balance après le tallage afin d’assurer un bon remplissage des grains!
Blé de printemps sur sol gelé? Et pourquoi pas?
Vicky Villiard, agronome
La réussite du blé : Semer le plus tôt possible ! Comment y arriver ? Le semis sur sol gelé. Pas évident dirons certain et c’est vrai car la fenêtre de semis est courte et pas nécessairement disponible pour tous ! Au Club Durasol Drummond inc, nous l’avons remarqué en 2005 alors qu’à St-Germain-de-Grantham, les producteurs qui voulaient semer sur sol gelé n’ont pas eu les conditions de gel alors qu’à Lefebvre et Durham Sud, le gel en surface était favorable pour le semis. Est-ce possible chez vous ? Et pourquoi pas si les quelques conditions nécessaires à la réussite de votre semis vous sont offertes !
Le premier critère recherché est un sol non gelé en profondeur (une fois la neige fondue) avec une mince couche de gel en surface (quelques nuits où le mercure descend sous zéro) afin de porter la machinerie pour éviter la compaction et l’orniérage. Cette fenêtre de semis est de courte durée : Habituellement entre 3 à 7h du matin. Si le sol est trop dur pour le semis (températures inférieurs à -8 0C), vous risquez d’endommager votre semoir.
Au Centre-du-Québec, cette période est observable autour de la mi-avril.
Bien que le semis-direct soit recommandé, certains ont réussi le défi en semant à la volée, avec un épandeur à engrais. La profondeur de semis idéale est de ½ à 1 pouce de profondeur. Que ce soit en semis-direct ou à la volée, c’est le gel-dégel qui permettra à la semence de pénétrer le lit de semence. Afin de pallier à une diminution de population sous ces conditions, il est recommandé de semer 10% plus fort qu’un semis de printemps conventionnel.
Idéalement, le champ choisi doit être en bonne santé : bonne structure de sol, égoutté, chaulé, bon contrôle des mauvaises herbes, fertilisé, etc. Si ce champ ne rendait pas auparavant, ne soyez pas surpris si votre rendement est décevant !
Les avantages de cette technique sont multiples : Devancer les travaux de printemps, décalage de 7 à 10 jours du stade de croissance du blé (possibilité de diminuer le développement de la fusariose), compétition plus féroce de la céréale vs les mauvaises herbes, augmentation des rendements dans la majorité des cas (prouvée par plusieurs suivis au Québec et en Ontario), céréale récoltée plus tôt donc plus de temps pour travailler le sol et faire un engrais vert, etc.
La seule façon de savoir si c’est fait pour votre entreprise, c’est de l’essayer. Et comme le proverbe le dit si bien : L’essayer c’est l’adopter !
Blé de printemps semé sur sol gelé
Vicky Villiard, agronome
Un essai de blé semé sur sol gelé a été fait chez deux membres du club Durasol au printemps 2005.
Municipalité: Lefebvre
Conventionnel
|
# Champs |
Localisation |
Superficie (ha) |
Cuture précédente (2004) |
Type de sol |
|
11 |
Lefebvre |
11,7 |
Soya |
Limon |
|
47 |
Durham |
6,9 |
Soya |
Limon |
|
48 |
Durham |
6,5 |
Soya |
Limon |
|
# Champs |
pH eau |
pH tampon |
% MO |
P (kg/ha) |
K (kg/ha) |
Mg (kg/ha) |
Al (ppm) |
CEC (%) |
P/Al |
|
11 |
6,6 |
6,6 |
4,8 |
136 |
211 |
149 |
1361 |
10,9 |
4,3 |
|
47 |
6,1 |
6,4 |
5,9 |
276 |
150 |
269 |
1612 |
15,9 |
8,0 |
|
48 |
5,7 |
6,5 |
5,1 |
130 |
58 |
112 |
1032 |
11,7 |
6,0 |
| 2005 |
11 |
47-48 |
| Date de semis |
12 avril 2005 |
15 avril 2005 |
| Variété |
Torka |
Torka |
| Semis |
Semé à la volée avec épandeur
à engrais |
Semé à la volée avec épandeur
à engrais |
| Taux de semis |
150 lb/ac ou 170 kg/ha |
150 lb/ac ou 170 kg/ha |
| TRAVAIL DE SOL | ||
| Automne 2004 |
--- |
--- |
| Automne 2005 |
--- |
--- |
| FERTILISATION | ||
| Engrais minéral |
70 unités d'azote soit 255 kg/ha de 27-0-0
à la volée (12/06/2005) |
|
| Chaux |
5 tm/ha au printemps 2004 |
|
| DÉSHERBAGE | ||
| Désherbage mécanique |
--- |
--- |
| Désherbage chimique |
--- |
--- |
| RENDEMENT |
55 tonnes sur 25 ha dont 30 tonnes pour l'alimentation
humaine et 25 tonnes (avec 2,2 ppm de fusariose) pour l'alimentation
animale |
|
Commentaires:
- Présence de quelques mauvaises herbes vivaces mais pas beaucoup
de mauvaises herbes annuelles.
- Le producteur recommande un passage de herse à pacage après
le semis afin de provoquer la germination.
- Le 15 avril, le sol était plus ou moins gelé lors du semis.
Municipalité: Ste-Christine
Semis-direct
|
# Champs |
Localisation |
Superficie (ha) |
Cuture précédente (2004) |
Type de sol |
|
31 |
Durham |
15,6 |
Soya |
Limon |
|
# Champs |
pH eau |
pH tampon |
% MO |
P (kg/ha) |
K (kg/ha) |
Mg (kg/ha) |
Al (ppm) |
CEC (%) |
P/Al |
|
31 |
5,4 |
6,6 |
3,1 |
34 |
36 |
64 |
923 |
13 |
--- |
| 2005 |
31 |
| Date de semis |
30 avril 2005 |
| Variété |
McKensy |
| Semis |
Semé en rang avec semoir à céréales |
| Taux de semis |
120 lb/ac ou 135 kg/ha |
| TRAVAIL DE SOL | |
| Automne 2004 |
--- |
| Automne 2005 |
--- |
| FERTILISATION | |
| Engrais minéral |
64 unités d'azote soit 40 gal/ha de 32-0-0
(12/05/2005) |
| Chaux |
--- |
| DÉSHERBAGE | |
| Désherbage mécanique |
--- |
| Désherbage chimique |
Brûlage avec 5 L/ha de Roundup (05/05/2005) |
|
Buctril 1 L/ha (12/05/2005) |
|
| RENDEMENT |
1,5 tm/ha |
Commentaires:
- Présence de quelques mauvaises herbes vivaces avant brûlage
(producteur en semis-direct donc plus de vivaces).
- Présence que quelques mauvaises herbes annuelles avant l'application
de Buctril.
- Bon contrôle des mauvaises herbes avec le désherbage chimique.
- Le producteur croit qu'il aurait dû semer plus fort (au moins 150
kg/ha).
- Le producteur aimerait également faire un essai pour voir s'il
est plus rentable de retarder le semis afin de pouvoir épandre du
lisier de porc au lieu d'appliquer de l'engrais minéral (32-0-0)
Fertilisation azotée du blé
Simon Roy, agronome pour le club Consersol Vert Cher
Étude
très intéressante sur la fertilisation
azotée du blé sur 5 cultivars différents, dont
2 blés à pain et 3 blés pour mélange.
Quatre taux de fertilisation ont été élaborés
afin de mieux évaluer leur impact sur le rendement, le taux
de protéine, les toxines, l'indice de chute et la verse. L'objectif
principal étant de déterminer le taux d'azote optimal
procurant le meilleur rendement et permettant l'atteinte des critères
de qualités recherchés selon la classe de blé.
Pour en savoir plus...
Engrais verts
Avec l'obligation d'épandre les fumiers et lisiers avant le
1er octobre de chaque année, les céréales deviennent
de plus en plus importantes dans la rotation des cultures. Bien sûr,
après les battages, plusieurs en profitent pour niveler le
champ et faire quelques travaux. Bien sûr, rien de mieux qu'un
engrais vert après tout ça! Qu'il soit en dérobée
après la céréale ou bien intercalaire dans les
cultures en rangs, tous apportent leurs avantages.
Les engrais verts sont un atout important pour les agriculteurs qui
désirent améliorer l'efficacité agronomique,
économique et environnementale de leur ferme. Voici quelques
avantages des engrais verts:
- Optimisation du cycle nutritif
- Diminution du lessivage des éléments fertilisants
- Protection contre l'érosion
- Amélioration de la structure et de la stabilité du
sol
- Lutte contre les mauvaises herbes
- Diversification de la rotation
- Possibilité d'épandre avant le 1er octobre
- Diminution de l'épandage au printemps (en quantité
et en temps)
- Décompaction du sol
- Favorise une flore microbienne
- Amélioration de la fertilité du sol
- Améliore le bilan énergétique de la ferme
- Augmentation de l'activité des vers de terre
- Meilleure capillarité des sols (diminution de sécheresse)
Ses effets bénéfiques se répercutent notamment sur le rendement des cultures, qui affichent des augmentations durant les trois années suivantes.
Fourrages
Dans quel état seront vos prairies ce printemps?
Vicky Villiard, agronome
Est-ce que l’hiver nous laissera un peu de prairie ce printemps ? C’est la grande question que se posent les producteurs inquiets par l’automne long et pluvieux suivi d’un froid glacial au début de l’année 2007, sans neige à ce moment.
Comment s’y retrouver ? Avec un dépistage tôt au printemps afin de pouvoir établir un diagnostique et prendre la bonne décision. Plusieurs raisons peuvent favoriser la mauvaise survie des prairies à l’hiver : les conditions hivernales difficiles, une mauvaise implantation (pH, fertilisation, drainage et compaction, etc), réserves insuffisantes pour passer l’hiver, gel et dégel alternatifs, etc.
Afin d’évaluer si votre prairie a passé l’hiver et si elle est encore rentable, une visite, tôt au printemps, s’impose afin d’évaluer la quantité de plants de luzerne restant ainsi que leur survie. En considérant que la luzerne est l’une des plantes fourragères les plus sensibles au gel hivernal, elle sert de référence pour les autres plantes fourragères ainsi que les talles de graminées. Votre conseiller sera en mesure d’établir la vigueur d’une racine de luzerne et par le fait même, déterminer le potentiel de votre prairie. Le dépistage tôt en saison se fait rapidement et permet de prévoir des méthodes alternatives si la votre champ a été affecté par l’hiver.
Sans penser à labourer vos prairies au printemps, plusieurs solutions s’offrent à vous, tout dépendant de l’impact que l’hiver aura eu sur les plantes fourragères. Le vasage est une pratique commune et appréciée de plusieurs car il n’y a pas de travail de sol et le semis se fait à la volée. Réalisé avec un 4 roues, c’est le gel/dégel qui permet à la semence d’être en contact avec le sol. L’autre technique est le semis de surface. Il permet l’ensemencement avec un semoir (à semis direct ou à céréales) sans avoir préalablement travaillé le sol. Pour d’autres, la destruction de la prairie au printemps ou après une première coupe s’avère une solution rentable car le semis d’une 2e culture leur permet de profiter du champ d’une autre façon. À ce moment là, il faut pallier au manque de foin par une culture annuelle (soya fourrager, millet, céréales vertes, sorgho, maïs ensilage, etc).
Peu importe ce que l’hiver nous réserve, une visite de vos prairies au printemps s’impose. Cette sortie vous permettra de constater l’état de vos fourrages, de cibler les endroits où il y aura des correctifs à effectuer, de prévoir des améliorations au niveau de la régie des prairies, etc. Parlez-en à votre conseiller !
Survie des prairies à l'hiver
Vicky Villiard, agronome
Indices pour savoir si la prairie a survie à l'hiver :
- Plants s'arrachent facilement
- Collet est mou et s'écrase entre les doigts
- Racines molles avec forte odeur de pourriture
- Quelques plants sont déchaussés
- Luzerne avec feuilles jaunes = gelée !
Comment déterminer si l'on conserve le champ ou pas :
- Si 3 plants de légumineuses / pied2 ou 30 plants / m2 = ok
- Si moins que ça, on laboure le champ !
- Si c'est une vieille prairie, 3 plants / pied2 = conserver le champ ou pas
- Si c'est une jeune prairie, 3 plants / pied2 = ne pas conserver le champ ? ne s'améliore pas avec le temps
Conditions climatiques qui peuvent causer la mort des plantes:
- Basses températures : L'exposition directe des plantes à des températures gélives cause la mort. La seule chance de survie des plantes est d'être protégée contre les températures létales de l'air : le sol, la neige et la végétation sont d'excellents isolants.
- Formation d'une couche de glace qui adhère au sol : Elle enveloppe le collet, les stolons, etc. Les dommages peuvent se produire de 2 façons :
- Mort des plantes par le gel : La glace est bonne conductrice de la température de l'air et, comme des températures très basses surviennent généralement après la formation des couches de glace, les plantes peuvent geler à mort.
- Effet étouffant des couches de glace : La nature de cet effet étouffant est le résultat de l'accumulation de fortes concentrations des sous-produits de la respiration ; le manque de O2 et l'accumulation de CO2.
- Gels et dégels alternatifs : Gel la nuit et dégel le jour. Cette alternance de gel et de dégel en sol à forte teneur en eau ou mal drainé, cause le soulèvement ou l'exhaussement des plants. Le collet et la partie supérieure de la racine étant sortis du sol sont exposés :
- Aux températures létales de l'air
- A la dessiccation : vent et soleil
- Gelées printanières tardives : Lorsque la plante à commencé à croître et que ses réserves nutritives sont basses, elle a perdu beaucoup de sa résistance au froid et les gelées tardives du printemps peuvent l'endommager considérablement.
Alternatives au labour :
- Sur-semis (vasage) : Semis sur sol gelé donc tôt au printemps (semé à la volé, le gel-dégel devrait permettre un bon contact entre le sol et la semence)
- Semis direct
- Semis avec une légère préparation de sol
Cultures alternatives :
- Ray-grass annuel : difficile à sécher, très compétitif et digestible
- Millet japonais et sorgho : peuvent parfois devenir trop envahissants ? prévoir une coupe hâtive
- Soya fourrager : assure un volume constant de fourrage même s'il est un peu moindre que la luzerne
- Maïs ensilage
- Céréales fourragères (mélange avec pois)
Pour favoriser la survie à l'hiver :
- Ne pas faucher trop tard à l'automne car les plantes nécessitent une période d'environ 6 semaines (3 semaines d'épuisement et 3 semaines de restauration des réserves) pour que leur cycle de réserves nutritives soit complété (avant que les gelées mortelles ne détruisent le feuillage) = il faut de 20 à 25 cm (8'' à 10'') de feuillage pour un stockage maximal
- Faucher la dernière coupe plus haute
- Laisser des rangs pas fauchés pour accumuler la neige (perpendiculaires au vent)
Les coupes rases et fréquentes épuisent rapidement les réserves nutritives des plantes ce qui les rend plus chétives et plus susceptibles aux dommages hivernaux et aux maladies. Les coupes à une hauteur de 5 à 7 cm (2'' à 2,75'') au dessus du sol et à intervalle de 6 à 7 semaines entre les coupes permettent aux espèces fourragères de restaurer leurs réserves nutritives et de manifester une croissance vigoureuse au regain.
