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Rat musqué
l y a de plus en plus de producteurs qui communiquent avec nous pour avoir des conseils sur le contrôle des populations de rat musqué sur leurs terres. Effectivement, les populations augmentent considérablement suite au déboisement excessif et à la présence de plantes aquatiques dans les fossés et cours d'eau. Il n'y a pas de solution miracle pour contrer l'action de ses rongeurs semi-aquatiques. Par contre, les informations qui suivent vous aideront à diminuer les populations et peut-être les encourager à quitter vos berges.
Le rat musqué peut avoir un impact négatif sur les berges et la qualité de l'eau. Il creuse des tunnels dans les berges qui entraînent l'effondrement des structures, l'érosion des terres agricoles et l'augmentation de la turbidité de l'eau. Le rat musqué cause aussi des dommages aux cultures en s'alimentant. De plus, le rat musqué est porteur de parasites intestinaux qui peuvent causer des maladies suite à la consommation d'eau infectée.
Il n'existe pas, jusqu'à aujourd'hui, d'aménagement permettant la cohabitation de l'humain avec le rat musqué. Par contre, il est possible de diminuer les populations en modifiant leur habitat ou en réduisant l'effectif par trappage. Dans les deux situations, il est important de tenir compte de la biologie de l'espèce pour agir efficacement.
Biologie
On rencontre le rat musqué partout où il y a de l'eau. Un minimum de 15 centimètres d'eau en été et d'un mètre en hiver permettent au rat musqué de se déplacer en toute sécurité pour obtenir la végétation aquatique dont il se nourrit et qu'il utilise pour construire ses abris (Proulx, 2005). Le rat musqué est territorial (rayon de 180 m) et ses mouvements de dispersion ont généralement lieu au début de la saison de reproduction (printemps) (Ministère de l'environnement et de la faune du Québec).
Un couple de rats musqués produit en moyenne deux portées de six jeunes par année et plusieurs d'entre eux survivront pour se reproduire l'année suivante (Proulx, 2005) Les rats musqués ont un taux de natalité et de survie plus élevé lorsqu'ils se nourrissent de plantes riches en protéines et en amidon (ex. quenouilles) et moins élevé lorsqu'ils se nourrissent de plantes moins nutritives (graminées).
Le rat musqué habite soit une hutte ou un terrier creusé dans la berge. Lorsque l'eau monte et envahit son terrier, le rat musqué creuse plus loin et plus haut dans la berge, ce qui provoque souvent son effondrement (Ministère de l'environnement et de la faune du Québec, ).
Il existe deux stratégies de lutte contre le rat musqué. La première consiste à rendre le cours d'eau inhabitables pour le rat musqué et la deuxième, à réduire l'abondance de cet animal (piégage).
Modification de l'habitat
Cette technique à comme objectif de rendre les habitats peu invitants pour le rat musqué. Voici donc les principales actions à poser pour diminuer l'attrait de vos habitats pour le rat musqué :
L'enlèvement des sources de nourriture
- Enlevez autant de plantes aquatiques à racines que possible et compostez-les à au moins 180 m de l'étang (Brown, 2003). ATTENTION À VOTRE COURS D'EAU !!!
- Ensemencez le bord de l'étang d'herbe courte ou coupez la végétation à une hauteur maximale de 10 cm (Proulx, 2005).
Gestion de la fertilisation
La présence d'une grande quantité de plantes aquatiques est souvent le résultat d'une mauvaise gestion des fertilisants. Ainsi, une meilleure gestion de la fertilisation et des apports azotés permettra de contrôler la végétation aquatique et par le fait même les rats musqués (Proulx, 2005).
Augmenter le pourcentage de racine dans le sol
La plantation d'arbres ou d'arbustes a un effet dissuasif sur le rat musqué puisque ces végétaux occupent très bien le talus avec leurs racines. Le rat musqué sera donc découragé d'avoir à creuser dans une telle berge.
Diminuer les pentes de vos berges
Le rat musqué préfère les pentes abruptes pour creuser son terrier. Nous vous suggérons donc, si cela est envisageable, d'abaisser le niveau de vos pentes.
Vous n'êtes pas obligé de tenir compte des toutes ces
suggestions. Allez-y étape par étape.
Contrôle des populations
Prélèvement au moyen d'un piège
Cette méthode est très efficace car le rat musqué est un animal très facile à prendre au piège. On peu utiliser les pièges Conibear no.120, Victor no.1 ou 1 ½ à longs ressorts ou de type " stoploss " installés dans un système de noyade (Ministère de l'environnement et de la faune du Québec, ).
Trappage
Il est fortement recommandé pour le contrôle des populations faire affaire avec un trappeur d'expérience. Pour ce faire, vous pouvez communiquer avec le Ministère des ressources naturelles et de la faune section Protection de la faune qui vous conseillera un trappeur de confiance (Opter pour un trappeur membre de l'Association des trappeurs de votre région).
Ne tentez pas de piéger les animaux vous-mêmes puisque vous risquez de les blesser et de créer chez l'animal un réflexe d'évitement des pièges. Il sera ensuite beaucoup plus difficile pour le trappeur expérimenté de capturer efficacement l'animal (Brown, 2003).
Répulsifs
Il n'existe aucun répulsif connu ou homologué pour usage contre le rat musqué. De plus, l'empoisonnement est illégal et fortement déconseillé.
Conclusion
La capture est très intéressante mais laisse la place pour d'autres rats musqués d'envahir à nouveau le territoire. Les dépenses et les désagréments qui accompagnent la présence de rats musqués vont inmanquablement se reproduire (Brown, 2003). Il est donc fortement recommandé de jumeler le piégeage à l'aménagement des berges qui rend le cours d'eau peu invitant pour les rats musqués si vous visez une solution durable.
Par Andréanne Blais
Biologiste
