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Ravinement

Des terres laissées à nu et un contrôle inadéquat des eaux de ruissellement entraînent des pertes excessives de sol vers le cours d'eau. La terre perdue appauvrit énormément le champ et entraîne une augmentation des coûts d'exploitation. Il est donc important d'étudier le drainage des champs et d'apporter une attention particulière aux ravinements. Ces derniers peuvent être de quelques centimètres de profondeur à quelques mètres. Avant que la situation ne s'aggrave, il faut agir rapidement. Il existe plusieurs techniques pour remédier à de telles situations.

Différents ravinements

Photos : Andréanne Blais, Club DuraSol Drummond

TECHNIQUE 1 : Avaloir et bassin de sédimentation

Un avaloir est un tuyau vertical perforé relié à une conduite souterraine qui dirige l'eau vers le cours d'eau. Il intercepte le ruissellement de surface et draine les dépressions de terrain. Il permet d'éliminer certains fossés ou rigoles (Nault, 2003). Il se compose d'une cuvette ou zone d'accumulation d'eau et d'une risberme de terre. La risberme est construite immédiatement en aval de la cuvette, et sa hauteur est telle que l'eau de ruissellement due à la plus forte tempête pouvant survenir en 10 ans peut s'accumuler dans la cuvette. L'eau de ruissellement s'accumule quelque temps devant la risberme et perd ainsi sa force érosive. Elle est ensuite relâchée lentement par un avaloir surélevé dans un drain souterrain lui-même relié à une sortie adéquate.


Avaloir avec risberme de terre

Photos : Andréanne Blais, Club DuraSol Drummond

Avantages
1. En contrôlant le débit de pointe de l'écoulement du bassin versant, on empêche l'érosion des terres situées en aval.
2. La sédimentation de l'eau de ruissellement dans la cuvette diminue la pollution et l'envasement des cours d'eau situés en aval.
3. Le débit de sortie de l'eau accumulée est faible comparé à celui d'un système dépourvu de cuvette; cela permet d'économiser par l'achat de drains de diamètre réduit.
4. Le risque d'obstruction de l'avaloir surélevé est inférieur à celui accusé par les réseaux de drains et de puisards dépourvus de zone d'accumulation car les sédiments se déposent au lieu d'être transportés par l'eau de décharge.

Inconvénients
1. Le sol formant le fond de la cuvette est inondé durant une période allant jusqu'à 24 heures après la fin du ruissellement.
2. Un tel ouvrage comporte certains dangers, comme le risque de délavement de la risberme ou de débordement par-dessus son sommet, accidents qui causeraient des dégâts en aval.
3. Travailler avec la machinerie agricole aux alentours des risbermes est difficile et, parfois, impossible.
4. Les risbermes sont vulnérables aux attaques par les rongeurs. Celles à base étroite risquent même de s'effondrer une fois minées.
5. Les réseaux de bassins de sédimentation et de contrôle du débit doivent être soigneusement conçus par des personnes compétentes avant d'être construits.

Pour en connaître davantage :
Fiche technique du Ministère de l'Ontario
Bassins de sédimentation et de contrôle du débit

TECHNIQUE 2 : Voie d'eau engazonnée

La voie d'eau engazonnée est une canalisation large, peu profonde et évasée, recouverte d'une végétation herbacée permanente qui permet d'évacuer l'eau du réseau de drainage de surface. Elle permet de ralentir l'eau, d'agir comme écran protecteur et comme filtre en retenant les particules du sol en suspension (Nault, 2003). Cette technique est particulièrement intéressante dans le cas d'un bassin versant relativement étendu (Stone, 1994).

Avantages
1. Possibilité de gros débits
2. Traverse de machines agricoles
3. Facilité d'entretien
4. Contrôle de l'érosion

Inconvénients
1. Profondeur trop faible pour recevoir l'eau des tuyaux agricole
2. Établissement de la végétation parfois difficile
3. Difficulté d'opération des machines à leurs abords

Projet d'aménagement d'une voie d'eau engazonnée chez un producteur membre du Club Durasol

Étape 1: Préparation du terrain et pose d'avaloir
Ici, la voie d'eau est associée à deux avaloirs:


Étape 2 : Ensemencement

Étape 3 : Foin et paillis

Le foin est ajouté car la toile de paillis ne suffit pas pour maintenir l'humidité près des semences.

Étape 4 : Établissement de la végétation et ensemencement de luzerne à côté

Par Andréanne Blais
Biologiste