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Conservation du sol
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Sol déficient en matière organique et structure de sol; comment y remédier?
Vicky Villiard, agronome
De plus en plus, lors de profils de sol, nous pouvons constater que les problématiques au champ sont reliées au manque de structure de sol ainsi qu’au manque de matière organique. Comment est-ce possible? Simplement par un travail de sol trop profond (dilution de la matière organique), résidus de culture ramassés, pas d’apport organique (engrais de ferme, résidus municipaux ou industriels), etc. Afin de s’assurer d’un bon rendement, maximiser l’apport et le maintien de la matière organique dans vos champs afin d’en retirer plusieurs avantages!
Lorsque l’on parle de matière organique, cela implique la matière vivante (racines vivantes, microorganismes, insectes, vers de terre, etc), résidus organiques (résidus de culture, déjections animales, compost, racines mortes, etc) ainsi que l’humus, qui est la matière organique stable (produit final de la décomposition).
La matière organique a un impact sur plusieurs éléments dans le sol afin de faciliter la croissance des plantes qui y poussent. L’humus augmente la cohésion entre les particules de sol ce qui contribue à la stabilisation des agrégats. Le sol devient donc plus meuble et plus perméable à l’eau ainsi qu’à l’air. Il est moins enclin à l’érosion (hydrique et éolienne), la formation d’une croûte de battance et maximise l’uniformité au niveau de l’émergence des semis. Caractérisée comme une éponge, la matière organique (qui peut retenir jusqu’à 15 fois son propre poids sec en eau) augmente la capacité de rétention en eau des sols.
La matière organique constitue une source principale d’azote après les engrais de synthèse. En se minéralisant, la matière organique libère l’azote, que les plantes peuvent ensuite utiliser, ainsi que d’autres éléments en quantités non négligeables, tels le phosphore, le potassium, le souffre, etc. L’humus, grâce à son pouvoir tampon, prévient les variations néfastes d’acidité dans le sol.
Ce sont donc les microorganismes qui décomposent la matière organique pour la rendre disponible pour les plantes. Cette décomposition s’opère plus rapidement dans les sols légers, car les microbes sont plus actifs dans les terres bien aérées, rapidement ressuyées et, par conséquent, plus chaudes. C’est pourquoi plus on ameublit un sol, plus il s’aère et se réchauffe. Cela revient à dire que les cultures sarclées consomment plus d’humus que les céréales, et ces dernières, encore plus que les prairies et pâturages.
Comment augmenter le niveau de matière organique dans son sol? Cela se fait sur plusieurs années avec une rotation de culture, l’apport de fumier (plus riche en C/N que le lisier donc libération plus lente), laisser les résidus de culture au champ, intégrer les engrais verts à la rotation, faire des amendements provenant de l’extérieur de l’entreprise (municipaux ou industriels), etc.
C’est une logistique qui promet de bons résultats. Ajouter au travail réduit du sol, vous serez en mesure de remarquer une différence lors du prochain profil de sol dans votre champ!
Êtes-vous fait pour le semis-direct???
Vicky Villiard, agronome
Étant donné le bel automne, où plusieurs n’ont pas eu le temps de mettre leur charrue en terre, le semis-direct est peut-être une option intéressante pour le printemps 2007 ! Bien sûr, il faut être prêt mentalement à se lancer… sans avoir labouré !
Évidemment, il ne faut pas penser au semis-direct dans un champ qui n’est pas chaulé, nivelé, drainé, et en conditions optimales car s’il ne rendait pas en régie conventionnelle, le semis-direct ne fera pas de miracle ! Par contre, pourquoi ne pas l’essayer dans un champ et observer… Il est recommandé de se donner trois ans de transition pour vraiment voir le potentiel du semis-direct dans ses champs. Plusieurs membres du Club Durasol Drummond inc pratiquent le semis-direct et le nombre d’adeptes continu d’augmenter.
Maintenant que les coûts sont à la hausse (engrais, herbicides, essence, semences, main-d’œuvre, etc) et que les gains (ventes) ne suivent pas le coût de production, le semis-direct commence à intéresser plusieurs producteurs. Avec un bon suivi avec un conseiller d’expérience, il est possible de diminuer le coût à l’hectare de la culture, sans diminuer le rendement en fin de saison. Pour cela, simplement enlever le coût du passage de la charrue avec un ou deux passages de vibro : l’essence, le temps et la main-d’œuvre sont de belles économies ! Et là, on ne parle pas de ramasser la roche !
Le semis est l’étape cruciale dans la réussite du semis-direct. Il faut s’assurer que le sol est réchauffé et l’humidité bonne. L’utilisation de tasse-résidus est efficace pour dégager le rang et permettre la pénétration de l’ouvre-sillon pour le semis. Il est important que les sillons soient bien fermés par la suite afin d’éviter de retrouver des grains en surface. Par la suite, la régie est semblable au système conventionnel sauf peut-être pour les mauvaises herbes vivaces qui seront plus présentes.
Il est possible d’essayer le semis-direct dans un champ afin de voir si cette technique convient à votre entreprise. Pour cela, il est préférable de prendre votre meilleur champ (bon pH, nivelé, drainé, bonne structure, non compacté, etc). Il est important d’avoir une bonne rotation et d’éviter une même culture deux années de suite. Un semis de soya sur un retour de maïs grain est un bon choix pour débuter. Il est même possible de le faire avec un semoir conventionnel en autant que la profondeur du semis soit uniforme et que le sillon soit bien refermé mais sans trop de pression.
Les avantages du semis-direct sont nombreux : Amélioration de la teneur en matière organique, de l’activité microbienne, des populations de vers de terre, des mycorhizes, de la structure du sol (plus portant pour la machinerie), diminution du temps passé au champ, de l’essence, de l’usure de la machinerie, prévention de l’érosion des sols, réduction de la compaction des sols, etc.
Vous n’êtes pas convaincu ? Pourquoi ne pas faire une année sur deux en semis-direct ? C’est un bon début et ça vous permet de vous ajuster en fonction des cultures et des sols. Peur de vous lancer complètement ? L’option intermédiaire entre le travail conventionnel et le semis-direct est le zone-till ; cela permet de travailler uniquement la zone de semis avec un passage de machinerie avant le semis. La seule façon de savoir si c’est fait pour votre entreprise, c’est de l’essayer. Et comme le proverbe le dit si bien : L’essayer c’est l’adopter !

Essai de maïs conventionnel vs zone-till
Vicky Villiard, agronome
Essai sur une période de 3 ans (à compter du printemps 2003) afin de comparer le zone-till au conventionnel. Ceci est fait à St-Germain-de-Grantham chez un producteur qui a acheté la machinerie.
Culture 2004: Maïs Grain
Culture 2003 : Maïs Grain
Antécédent : Soya
Analyse de sol :
pHe : 7,1
%M.O. : 4,5
P(kg/ha) : 177
K(kg/ha):177
Mg(kg/ha): 246
Al(ppm): 1231
CEC(%): 12,0
%P/Al: 11,0
Type de sol: Loam sableux
Drainage souterrain et nivellé
| 2005 |
ZONE-TILL
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CONVENTIONNEL
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| Travail de sol |
---
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Labour
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| Date de passage |
8 mai 2005
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Automne 2004
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| Date de semis |
9 mai 2005
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9 mai 2005
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| Variété |
38G17
|
38G17
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| Population semée |
? plants/acre
|
? plants/acre
|
| Population calculée |
33 000 pl/ac (28/07/05) |
28 000 pl/ac (28/07/05) |
| FERTILISATION | ||
| Engrais minéral |
230 kg/ha de 15-5-15 +
10 gal/ac 32-0-0 en bande au semoir |
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| Engrais organique |
6000 gal/acre de lisier de porc injecté le
11 juin 2005
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|
| Azote en post |
10 gal/acre d'azote 32 en bande au sarcleur (15/06/05)
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| DÉSHERBAGE | ||
| Herbicide post levée |
Accent Total |
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| Désherbage mécanique |
Essai vers le 1er juin 2005 mais trop de résidus
= bourrage
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| Date de récolte |
5 novembre 2005
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5 novembre 2005
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| Quantité récoltée |
3109 kg
|
2943 kg
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| Superficie récoltée |
0,28 ha
|
0,28 ha
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| Taux d'humidité |
24,0%
|
24,3%
|
| Rendement à 15% |
9 928 kg/ha
|
9 361 kg/ha
|
| Poids à l'hectolitre |
71,0 kg/hl
|
70,5 kg/hl
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| RENDEMENT |
9 928 kg/ha
|
9 361 kg/ha
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| 2004 |
ZONE-TILL
|
CONVENTIONNEL
|
| Travail de sol |
---
|
Labour
|
| Date de passage |
30 avril 2004
|
Automne 2003
|
| Date de semis |
1er mai 2004
|
1er mai 2004
|
| Variété |
38G17
|
38G17
|
| Population semée |
32 500 plants/acre
|
32 500 plants/acre
|
| Population calculée |
|
|
| FERTILISATION | ||
| Engrais minéral |
200 kg/ha de 16-4-14 en bande au semoir le 1er mai
2004
|
|
| Engrais organique |
3000 gal/acre de lisier de porc injecté le
20 mai 2004
|
|
| Azote en post |
10 gal/acre d'azote 32 en bande au sarcleur
|
|
| DÉSHERBAGE | ||
| Herbicide post levée |
Accent Total |
|
| Désherbage mécanique |
Sarcleur avec lisier de porc le 20 mai 2004
Sarcleur avec azote 32 le 22 juin 2004 |
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| Date de récolte |
18 novembre 2004
|
18 novembre 2004
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| Quantité récoltée |
4193 kg
|
3646 kg
|
| Superficie récoltée |
0,31 ha
|
0,28 ha
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| Taux d'humidité |
29,1%
|
28,5%
|
| Rendement à 15% |
11 260 kg/ha
|
10 807 kg/ha
|
| Poids à l'hectolitre |
68 kg/hl
|
68 kg/hl
|
| RENDEMENT |
11 260 kg/ha
|
10 807 kg/ha
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| 2003 |
ZONE-TILL
|
CONVENTIONNEL
|
| Travail de sol |
---
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Off-set + vibro (1 passage)
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| Date de passage |
4 mai 2003
|
4 mai 2003
|
| Date de semis |
5 mai 2003
|
5 mai 2003
|
| Variété |
39G17
|
39G17
|
| Population semée |
30 000 plants/acre
|
30 000 plants/acre
|
| Population calculée |
|
|
| FERTILISATION | ||
| Engrais minéral |
200 kg/ha de 16-4-14 en bande au semoir le 5 mai
2003
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| Engrais organique |
3000 gal/acre de lisier de porc injecté le
16 juin 2003
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| Azote en post |
10 gal/acre d'azote 32 en bande au sarcleur le 26
juin 2003
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| DÉSHERBAGE | ||
| Herbicide prélevée |
Prowl (1,7 l/ac) + Marksman (1,25 l/ac)
En bande au semis |
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| Herbicide post levée |
Accent Total |
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| Désherbage mécanique |
Sarcleur avec lisier le 16 juin 2003
Sarcleur avec azote 32 le 26 juin 2003 |
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| Date de récolte |
31 octobre 2003
|
31 octobre 2003
|
| Quantité récoltée |
4244 kg
|
3699 kg
|
| Superficie récoltée |
0,309 ha
|
0,289 ha
|
| Taux d'humidité |
27,6%
|
28,9%
|
| Rendement à 15% |
11 699 kg/ha
|
10 706 kg/ha
|
| Poids à l'hectolitre |
68,9 kg/hl
|
69,4 kg/hl
|
| RENDEMENT |
11 699 kg/ha
|
10 706 kg/ha
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| VISITES | ||
| 4 juin 2003 |
Stade 3 feuilles
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Stade 3 feuilles
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| 23 juin 2003 |
Stade 7 feuilles
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Stade 8 feuilles
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| 7 juillet 2003 |
Stade 9-10 feuilles
|
Stade 9-10 feuilles
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| 14 juillet 2003 |
Profil de sol
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| 16 septembre 2003 |
Test d'azote dans canne de maïs
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| 31 octobre 2003 |
Rendement
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Un profil de sol a été fait dans chaque parcelle et il n'a pas de beaucoup de différences entre les deux sauf une présence plus grande de vers de terre dans le zone-till ainsi que de plus grosses racines des plants de maïs.
CONCLUSIONS
- Durant les 3 années d'essais, les rendements sont un peu plus élevés dans la parcelle de zone-till. En 2005, le rendement dans les 2 parcelles est plus faible, probablement à cause des 3 saisons de maïs consécutives (la rotation de cultures est fortement recommandée). Dans ce cas-ci, le protocole se faisait sur 3 ans afin de valider les résultats obtenus.
- Au fils des ans, nous avons observé une augmentation du nombre de vers de terre ainsi que de la structure de sol lors des profils de sol dans la parcelle de zone-till, ce qui confirme que le travail réduit favorise une amélioration de la vie dans le sol.
- Dans cet essai, le coût de chaque parcelle n'a pas été calculé mais il est facile de conclure qu'en plus de l'augmentation du rendement du côté du zone-till, le nombre de passages réduit de la machinerie vs la parcelle conventionnelle ainsi que de l'amélioration de la structure du sol, le zone-till est favorable pour ce qui est de l'économie d'argent et de temps.
- Il serait intéressant de comparer le zone-till du printemps vs celui de l'automne à savoir s'il y a une différence au niveau de la date de semis, de la levée, des rendements, etc. Dans ce cas-ci, le producteur n'était pas intéressé à comparer les saisons.
- Cet essai à permis de conclure que le zone-till est l'intermédiaire parfait entre le travail de sol conventionnel et le semis-direct. C'est une belle alternative pour un producteur qui n'ose pas se lancer dans le semis-direct sur un coup de tête. Il est a noter que les conditions de sol doivent toujours être propices (sol drainé, nivellé, chaulé, etc) avant de se lancer en travail réduit du sol afin de maximiser les résultats. C'est un pas de plus vers l'agriculture durable...partir de
À partir de 2006, le producteur fera un essai afin de comparer le conventionnel, le zone-till et le semis-direct... À suivre!!!

